Mercredi 7 février, nous partons pour l'hôpital franco-britannique de Levallois-Perret.
Comme d'habitude nous n'avons pas de plan, hormis celui que j'ai en tête après un rapide coup d'oeil sur les pages jaunes. Nous jouons donc le grand rallye des Hauts-de-Seine : à toi le volant, à moi le rôle du copilote. Nous nous disputons lorsqu'il s'agit de savoir si nous sommes à Neuilly ou à Levallois : le sage nous aurait répondu que cela dépend du côté de la rue que nous regardons. Ignorant de cette observation sensée, valable pour toutes communes limitrophes l'une de l'autre, nous nous engueulons poliment ; toi du côté Neuilly, moi déjà à Levallois. Quelle idée de vouloir accoucher hors de notre ghetto du Nord 92 !
Les dieux sont à nos côtés car après avoir tourné - un coup à droite, un coup à gauche afin de ressouder notre couple - nous nous retrouvons dans une rue qui nous ramène sur l'itinéraire dont nous étions supposés ne pas nous écarter. Première à gauche et nous sommes en vue, et de l'hôpital, et du parking. Je m'éjecte de la voiture à la recherche de la sortie la plus proche. Tu peines à me suivre, dubitative sur l'urgence de déclencher un sprint de 200 mètres à 10h28 lorsque nous avons rendez-vous à 10h30. Pour ma part, j'ai en tête la fois où tu as été refusée d'enregistrement à un comptoir Air France auquel tu t'étais présentée à 13h59 mais en ne tendant ton passeport qu'à 14h00 et 35 secondes. Ce sont ces 35 secondes qui font de moi un hors-bord à travers les rues de Levallois, bien que tu m'es aimablement rappelé, une dizaine de mètres derrière moi, qu'à priori je ne pourrai pas m'inscrire seul à ton accouchement. L'argument n'a pas ébranlé ma détermination à franchir la porte coulissante automatique de l'hôpital franco-britannique à 10h30 précises : un petit pas pour moi mais un grand pas dans la disparition de mon stress.
Dès l'entrée, nous sommes presque surpris par l'accueil de l'ensemble du personnel hospitalier qui ne daigne même pas nous faire attendre avant de nous orienter vers le bon couloir puis la bonne salle d'attente. Tu t'y sens un peu ridicule, cernés que nous sommes par des femmes-montgolfières avec 5 à 7 mois de grossesse. Nous réalisons qu'en fait, si nous partageons la même salle d'attente, nous n'y sommes pas présents pour les mêmes motifs. La preuve, à peine arrivés, nous sommes les premiers appelés pour le bureau des inscriptions.
La première impression était décidément la bonne ! Là où nous nous attendions à une entrevue expresse et purement administrative, nous avons droit à un long entretien avec une dame - qui semble pourtant n'être ni une sage-femme, ni une infirmière ou aide-soignante - qui tient non seulement à nous présenter l'hôpital et sa philosophie générale, le service de maternité, les différents cours de préparation à l'accouchement mais entend également répondre - longuement et patiemment - à la batterie de questions qui te viennent subitement à l'esprit. Il est presque invraisemblable qu'au sein d'une structure organisant 1 900 accouchements par an l'on parvienne à nous faire nous sentir autant pris en compte dès l'inscription. C'est que la dame insiste pour nous persuader de venir nous présenter en urgence à la moindre alerte ou même au moindre doute : elle nous explique que même s'il n'y avait rien, cela nous donnerait l'occasion de faire connaissance avec l'équipe médicale... avec un peu d'avance ! Comme le Dr H....., elle insiste en fait surtout sur notre confort et notre bien-être qui seront les meilleurs garants d'un bon accouchement, d'une bonne naissance et d'un nouveau-né en bonne santé. Le règlement de l'hôpital passe après nous : nos enfants aînés seront donc les bienvenus pour entourer leur petit-frère ou petite-soeur dès sa naissance et, malgré les horaires des visites, je pourrai - si je le souhaite - rester en permanence dans la chambre, que l'on nous assure d'ores et déjà individuelle, auprès de toi et d'Ipòkòni.
Finalement, presque gênés que la personne gérant les inscriptions nous consacre autant de temps, c'est nous qui abrégeons l'entretien dont nous repartons les bras chargés de documentation et de publicités - première trousse d'une longue série, emplis d'une grande satisfaction : à la fois parce que notre choix nous paraît le bon et parce que nous venons de mettre en application la première décision engageant directement la vie de cette fameuse petite personne dont nous sommes si impatiemment dans l'attente ! Nous n'aurions jamais cru que la simple présentation d'une carte vitale pouvait à ce point illuminer une de nos journées.
Les jours se suivent, se ressemblent niveau excitation et ardente impatience et diffèrent en ce que chacun d'entre eux est comme une nouvelle ascension vers un petit sommet de bonheur avant le prochain. Toujours plus haut !
Comme d'habitude nous n'avons pas de plan, hormis celui que j'ai en tête après un rapide coup d'oeil sur les pages jaunes. Nous jouons donc le grand rallye des Hauts-de-Seine : à toi le volant, à moi le rôle du copilote. Nous nous disputons lorsqu'il s'agit de savoir si nous sommes à Neuilly ou à Levallois : le sage nous aurait répondu que cela dépend du côté de la rue que nous regardons. Ignorant de cette observation sensée, valable pour toutes communes limitrophes l'une de l'autre, nous nous engueulons poliment ; toi du côté Neuilly, moi déjà à Levallois. Quelle idée de vouloir accoucher hors de notre ghetto du Nord 92 !
Les dieux sont à nos côtés car après avoir tourné - un coup à droite, un coup à gauche afin de ressouder notre couple - nous nous retrouvons dans une rue qui nous ramène sur l'itinéraire dont nous étions supposés ne pas nous écarter. Première à gauche et nous sommes en vue, et de l'hôpital, et du parking. Je m'éjecte de la voiture à la recherche de la sortie la plus proche. Tu peines à me suivre, dubitative sur l'urgence de déclencher un sprint de 200 mètres à 10h28 lorsque nous avons rendez-vous à 10h30. Pour ma part, j'ai en tête la fois où tu as été refusée d'enregistrement à un comptoir Air France auquel tu t'étais présentée à 13h59 mais en ne tendant ton passeport qu'à 14h00 et 35 secondes. Ce sont ces 35 secondes qui font de moi un hors-bord à travers les rues de Levallois, bien que tu m'es aimablement rappelé, une dizaine de mètres derrière moi, qu'à priori je ne pourrai pas m'inscrire seul à ton accouchement. L'argument n'a pas ébranlé ma détermination à franchir la porte coulissante automatique de l'hôpital franco-britannique à 10h30 précises : un petit pas pour moi mais un grand pas dans la disparition de mon stress.
Dès l'entrée, nous sommes presque surpris par l'accueil de l'ensemble du personnel hospitalier qui ne daigne même pas nous faire attendre avant de nous orienter vers le bon couloir puis la bonne salle d'attente. Tu t'y sens un peu ridicule, cernés que nous sommes par des femmes-montgolfières avec 5 à 7 mois de grossesse. Nous réalisons qu'en fait, si nous partageons la même salle d'attente, nous n'y sommes pas présents pour les mêmes motifs. La preuve, à peine arrivés, nous sommes les premiers appelés pour le bureau des inscriptions.
La première impression était décidément la bonne ! Là où nous nous attendions à une entrevue expresse et purement administrative, nous avons droit à un long entretien avec une dame - qui semble pourtant n'être ni une sage-femme, ni une infirmière ou aide-soignante - qui tient non seulement à nous présenter l'hôpital et sa philosophie générale, le service de maternité, les différents cours de préparation à l'accouchement mais entend également répondre - longuement et patiemment - à la batterie de questions qui te viennent subitement à l'esprit. Il est presque invraisemblable qu'au sein d'une structure organisant 1 900 accouchements par an l'on parvienne à nous faire nous sentir autant pris en compte dès l'inscription. C'est que la dame insiste pour nous persuader de venir nous présenter en urgence à la moindre alerte ou même au moindre doute : elle nous explique que même s'il n'y avait rien, cela nous donnerait l'occasion de faire connaissance avec l'équipe médicale... avec un peu d'avance ! Comme le Dr H....., elle insiste en fait surtout sur notre confort et notre bien-être qui seront les meilleurs garants d'un bon accouchement, d'une bonne naissance et d'un nouveau-né en bonne santé. Le règlement de l'hôpital passe après nous : nos enfants aînés seront donc les bienvenus pour entourer leur petit-frère ou petite-soeur dès sa naissance et, malgré les horaires des visites, je pourrai - si je le souhaite - rester en permanence dans la chambre, que l'on nous assure d'ores et déjà individuelle, auprès de toi et d'Ipòkòni.
Finalement, presque gênés que la personne gérant les inscriptions nous consacre autant de temps, c'est nous qui abrégeons l'entretien dont nous repartons les bras chargés de documentation et de publicités - première trousse d'une longue série, emplis d'une grande satisfaction : à la fois parce que notre choix nous paraît le bon et parce que nous venons de mettre en application la première décision engageant directement la vie de cette fameuse petite personne dont nous sommes si impatiemment dans l'attente ! Nous n'aurions jamais cru que la simple présentation d'une carte vitale pouvait à ce point illuminer une de nos journées.
Les jours se suivent, se ressemblent niveau excitation et ardente impatience et diffèrent en ce que chacun d'entre eux est comme une nouvelle ascension vers un petit sommet de bonheur avant le prochain. Toujours plus haut !
Masimiyen Atshé
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