Samedi 20 janvier, les idées et les images ont tourné toute la nuit dans nos deux têtes.
Au réveil, nous nous sommes regardés. Au fond des yeux de l'autre, nous avons eu la confirmation réciproque que tout était bien réel. Le rêve, que j'avais fait la semaine dernière, où tu étais enceinte de quatre mois avec un magnifique ventre en pleine lune est donc bien devenu réalité. Pour une fois, c'est moi qui ai exercé des talents de divination. Ton don de hounsi kanzo est sérieusement mis à mal : toi qui ressens les mystères et voit les morts, tu n'as pas vu venir ce grand chambardement qui est survenu dans ton propre corps !
Quelle journée que cette première journée de grossesse ! Ton inquiétude quant à cet évènement que tu n'as pas décidé commence à s'atténuer. Nous en sommes déjà à réfléchir au prénom, à lister les maternités des environs et nous interroger sur le mode de garde. L'euphorie commence à nous gagner, elle nous entraine jusqu'au premier centre commercial. Objectif : achat d'un livre sur la grossesse. Nous perdons un peu de temps à feuilleter - c'est le même rayon - quelques bouquins orientés sexualité et Kamasutra, mais bon, rien de vraiment neuf et aujourd'hui, décidément, notre esprit est ailleurs. Difficile de choisir entre les quatre, cinq gros livres consacrés au sujet et aux titres quasi similaires : "J'attends un enfant", "Attendre le bus" (?!), "Je suis enceinte", "Neuf mois de grossesse", etc.. Nous nous portons finalement sur une solution intermédiaire - ni trop purement médical, ni trop "magazine féminin", un bon bouquin qui nous explique les fondamentaux ("ne jetez pas le bébé avec l'eau du bain") et nous rappelle d'exercer notre liberté personnelle de couple ayant son histoire particulière. En passant dans les rayons, tu as également décidé de t'acheter un journal intime pour écrire ton vécu de grossesse. Je t'ai copiée en optant pour un carnet de voyage sur lequel je t'ai dit vouloir noter chaque étape du périple de ces huit prochains mois. Je ne savais pas que finalement j'allais créer le présent blog. Tout s'élabore au fur et à mesure ces jours-ci : c'est en cheminant que nous traçons notre propre chemin.
C'est drôle une prise de conscience. Tu étais déjà enceinte depuis quatre semaines mais rien ne paraissait t'avoir modifiée ; depuis que tu sais être enceinte, en vingt-quatre heures, tu n'es plus la même. Tes gestes se sont déjà modifiés. Tu as gagné en solennité. Pour ma part, en te regardant, je te trouve comme presque déjà mère. Tu l'es presque, pour moi tu l'es déjà. Même plus. A mes yeux, tu es devenu comme une sorte de coffre-fort, une véritable malle au trésor. Notre déambulation dans les allées du centre commercial ressemblait à l'inauguration d'un monument officiel par un chef d'État sous escorte de sa garde personnelle : je jouais au garde-corps, surveillant tout comportement potentiellement hostile parmi la foule qui t'entourait, écartant tout intrus susceptible d'enfreindre le périmètre de sécurité totalement subjectif que j'ai décrété. Je ne marchais pas avec toi ; je m'agitais tout autour !
Après deux heures de valse-hésitation dans les bouquins, les journaux intimes, les carnets de voyages pour explorateur sédentaire et les stylos (que tu manges en cachette ou que tu revends - je ne vois que ça - sinon ta surconsommation est inexplicable), nous sommes rentrés. Et nous avons continué à parler, à parler, à parler... c'est fou comme nous pouvons nous saouler de mots depuis hier soir ! Et puis nous avons mangé. Et puis tu m'as choisi comme dessert au beau milieu de la cuisine. Ce fut notre première relation sexuelle depuis la découverte de notre grossesse. Je n'oublierai jamais cet instant. Un instant de plénitude. S'adonner à l'amour tout en sachant que la vie germe déjà en toi. C'est comme savourer un supplément gratuit.
Au réveil, nous nous sommes regardés. Au fond des yeux de l'autre, nous avons eu la confirmation réciproque que tout était bien réel. Le rêve, que j'avais fait la semaine dernière, où tu étais enceinte de quatre mois avec un magnifique ventre en pleine lune est donc bien devenu réalité. Pour une fois, c'est moi qui ai exercé des talents de divination. Ton don de hounsi kanzo est sérieusement mis à mal : toi qui ressens les mystères et voit les morts, tu n'as pas vu venir ce grand chambardement qui est survenu dans ton propre corps !
Quelle journée que cette première journée de grossesse ! Ton inquiétude quant à cet évènement que tu n'as pas décidé commence à s'atténuer. Nous en sommes déjà à réfléchir au prénom, à lister les maternités des environs et nous interroger sur le mode de garde. L'euphorie commence à nous gagner, elle nous entraine jusqu'au premier centre commercial. Objectif : achat d'un livre sur la grossesse. Nous perdons un peu de temps à feuilleter - c'est le même rayon - quelques bouquins orientés sexualité et Kamasutra, mais bon, rien de vraiment neuf et aujourd'hui, décidément, notre esprit est ailleurs. Difficile de choisir entre les quatre, cinq gros livres consacrés au sujet et aux titres quasi similaires : "J'attends un enfant", "Attendre le bus" (?!), "Je suis enceinte", "Neuf mois de grossesse", etc.. Nous nous portons finalement sur une solution intermédiaire - ni trop purement médical, ni trop "magazine féminin", un bon bouquin qui nous explique les fondamentaux ("ne jetez pas le bébé avec l'eau du bain") et nous rappelle d'exercer notre liberté personnelle de couple ayant son histoire particulière. En passant dans les rayons, tu as également décidé de t'acheter un journal intime pour écrire ton vécu de grossesse. Je t'ai copiée en optant pour un carnet de voyage sur lequel je t'ai dit vouloir noter chaque étape du périple de ces huit prochains mois. Je ne savais pas que finalement j'allais créer le présent blog. Tout s'élabore au fur et à mesure ces jours-ci : c'est en cheminant que nous traçons notre propre chemin.
C'est drôle une prise de conscience. Tu étais déjà enceinte depuis quatre semaines mais rien ne paraissait t'avoir modifiée ; depuis que tu sais être enceinte, en vingt-quatre heures, tu n'es plus la même. Tes gestes se sont déjà modifiés. Tu as gagné en solennité. Pour ma part, en te regardant, je te trouve comme presque déjà mère. Tu l'es presque, pour moi tu l'es déjà. Même plus. A mes yeux, tu es devenu comme une sorte de coffre-fort, une véritable malle au trésor. Notre déambulation dans les allées du centre commercial ressemblait à l'inauguration d'un monument officiel par un chef d'État sous escorte de sa garde personnelle : je jouais au garde-corps, surveillant tout comportement potentiellement hostile parmi la foule qui t'entourait, écartant tout intrus susceptible d'enfreindre le périmètre de sécurité totalement subjectif que j'ai décrété. Je ne marchais pas avec toi ; je m'agitais tout autour !
Après deux heures de valse-hésitation dans les bouquins, les journaux intimes, les carnets de voyages pour explorateur sédentaire et les stylos (que tu manges en cachette ou que tu revends - je ne vois que ça - sinon ta surconsommation est inexplicable), nous sommes rentrés. Et nous avons continué à parler, à parler, à parler... c'est fou comme nous pouvons nous saouler de mots depuis hier soir ! Et puis nous avons mangé. Et puis tu m'as choisi comme dessert au beau milieu de la cuisine. Ce fut notre première relation sexuelle depuis la découverte de notre grossesse. Je n'oublierai jamais cet instant. Un instant de plénitude. S'adonner à l'amour tout en sachant que la vie germe déjà en toi. C'est comme savourer un supplément gratuit.
Masimiyen Atshé
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