Mardi 23 janvier, nous avons rendez-vous chez le docteur H....., ton gynécologue depuis quelques années.
Comme tu te sens à l'aise avec lui, nous venons avec l'idée que nous le garderons pour suivre notre grossesse, au moins les six premiers mois puisqu'il a choisi de ne plus être obstétricien. Ce que j'ai adoré c'est que tu m'as expliqué, avant même que je le rencontre et que je me fasse la moindre idée sur lui, qu'il fallait qu'il me plaise aussi. Que, si tel n'était pas le cas, nous en chercherions un autre. Certes, rien de surprenant au vu du fonctionnement habituel de notre couple, mais j'avoue, qu'étant donné que ce n'est pas moi qui ait à connaître l'examen de mon utérus, j'étais prêt à t'accorder une préséance dans ce domaine de décisions. Ta persistance à maintenir une relation égalitaire accentue ce sentiment que j'ai de vivre notre grossesse et non pas de simplement t'accompagner dans la tienne.
Mais, tout ceci n'est que question de principe, tu m'as déjà fait connaître le docteur H..... par les divers compte-rendus que tu m'as fait de tes visites depuis six ans. Je sais que j'apprécierai sa grande pudeur face à la nudité des femmes et dans l'auscultation de la partie la plus intime de leur corps. Une fois de plus, je sais que je ne peux être que d'accord avec toi ; qu'une fois de plus nos vues et notre jugement sont pleinement accordés.
Sentiment confirmé dès que le docteur H..... nous fait entrer dans son cabinet de consultation. Il dégage une certaine sérénité, s'entretient avec toi - patiente qu'il connaît déjà - tout en m'incluant de manière induite. Il te fait passer dans la pièce d'à côté où tu retires ton pantalon et ton tanga alors que lui continue à te parler et à te demander si tu souhaites qu'il suive ta grossesse. J'apprécie le fait qu'il entrebaîlle la porte, signifiant - pour moi - qu'il effectue un examen dans le secret qui lie le médecin à sa patiente tout en m'intégrant à son questionnement et aux premières constatations de ton nouvel état. Je suis ce premier examen gynécologique sans avoir à visualiser ce qui pourrait perturber la représentation mentale d'exclusivité que j'ai sur ton corps.
Il me rejoint et te laisse te rhabiller tout en poursuivant l'entretien (j'ai remarqué qu'il est parfois plus difficile pour la pudeur de se rhabiller devant quelqu'un que de se déshabiller. Surement dû au fait qu'en se rhabillant et nous empêtrant dans nos vêtements nous reconnaissons notre honte d'avoir été nu alors qu'en nous dévêtant nous pouvons crânement afficher notre nudité aux yeux de celui qui ose la regarder). Tu me rejoins et nous discutons ensemble, avec lui, de notre souhait pour la maternité. Etant donné que nous avons choisi une maternité qui n'est pas située sur le territoire de notre commune - l'hôpital franco-britannique de Levallois, il te conseille de mentir sur la date de tes dernières règles - de quelques jours - pour être assurée d'obtenir une place. Il te conseille également, puisque tu lui as confirmé que tu souhaitais qu'il continue à te suivre, de ne pas chercher un obstétricien pour les trois derniers mois de grossesse et de simplement prendre directement contact avec la sage-femme qui accouchera notre enfant.
Ce qui nous étonne le plus c'est le résultat de cette première visite gynécologique : une prescription médicale, une ordonnance pour les examens de sang et d'urine mais pas de déclaration de grossesse.
"Je suis enceinte."
- "Tu as ta déclaration de grossesse ?"
- "Non."
- "Ben, t'es pas enceinte alors !"
- "Le docteur m'a dit que si."
- "Ben non, si t'as pas de déclaration ; t'es pas enceinte !"
Moralité : la déclaration de grossesse c'est comme les antibiotiques, c'est pas automatique. Le premier mois en tout cas.
Finalement au-delà de la satisfaction d'avoir choisi notre médecin-référent, de nous être arrêtés sur le choix de la maternité, d'avoir l'ordonnance pour les premiers médicaments et les premiers examens ; nous sortons de chez le docteur H..... un peu déboussolés. Bien qu'il ait confirmé tous les symptômes, c'est seulement la prise de sang qui pourra attester notre parentalité en devenir. Un contre-temps dans le déroulement des différentes étapes tel que nous l'avions prévu.
Mais nous reprenons bien vite nos esprits. Ce que nous retenons, c'est que ça y est !, le grand jeu a commencé. Il va falloir compléter ton régime alimentaire, prendre rendez-vous pour l'inscription à l'hôpital, programmer ta première prise de sang, notre première échographie, revenir devant le docteur H..... et, oui !, déclarer officiellement notre grossesse (elle est jusqu'ici secrète non seulement pour la sécurité sociale mais pour le monde entier).
Tout a décidément un goût de première fois ces derniers jours, même pour moi qui ai déjà deux enfants - chair de ma chair même s'ils sont également enfants de l'amour que tu leur donnes. Nous dormons mal, agités par les démarches qui nous attendent demain et le jour suivant. Je suis personnellement exténué par cette excitation qui persiste. Exténué mais heureux. Heureux de ne pas être au bout de mes jours de fatigue et de nuits sans sommeil. Heureux de te voir t'endormir de plus en plus tôt le soir, ton corps nu blotti contre le mien, le fruit de notre amour blotti au tréfonds de ton corps. Dors puisque le sommeil est d'or, rassure-toi mon insomnie l'est aussi.
Comme tu te sens à l'aise avec lui, nous venons avec l'idée que nous le garderons pour suivre notre grossesse, au moins les six premiers mois puisqu'il a choisi de ne plus être obstétricien. Ce que j'ai adoré c'est que tu m'as expliqué, avant même que je le rencontre et que je me fasse la moindre idée sur lui, qu'il fallait qu'il me plaise aussi. Que, si tel n'était pas le cas, nous en chercherions un autre. Certes, rien de surprenant au vu du fonctionnement habituel de notre couple, mais j'avoue, qu'étant donné que ce n'est pas moi qui ait à connaître l'examen de mon utérus, j'étais prêt à t'accorder une préséance dans ce domaine de décisions. Ta persistance à maintenir une relation égalitaire accentue ce sentiment que j'ai de vivre notre grossesse et non pas de simplement t'accompagner dans la tienne.
Mais, tout ceci n'est que question de principe, tu m'as déjà fait connaître le docteur H..... par les divers compte-rendus que tu m'as fait de tes visites depuis six ans. Je sais que j'apprécierai sa grande pudeur face à la nudité des femmes et dans l'auscultation de la partie la plus intime de leur corps. Une fois de plus, je sais que je ne peux être que d'accord avec toi ; qu'une fois de plus nos vues et notre jugement sont pleinement accordés.
Sentiment confirmé dès que le docteur H..... nous fait entrer dans son cabinet de consultation. Il dégage une certaine sérénité, s'entretient avec toi - patiente qu'il connaît déjà - tout en m'incluant de manière induite. Il te fait passer dans la pièce d'à côté où tu retires ton pantalon et ton tanga alors que lui continue à te parler et à te demander si tu souhaites qu'il suive ta grossesse. J'apprécie le fait qu'il entrebaîlle la porte, signifiant - pour moi - qu'il effectue un examen dans le secret qui lie le médecin à sa patiente tout en m'intégrant à son questionnement et aux premières constatations de ton nouvel état. Je suis ce premier examen gynécologique sans avoir à visualiser ce qui pourrait perturber la représentation mentale d'exclusivité que j'ai sur ton corps.
Il me rejoint et te laisse te rhabiller tout en poursuivant l'entretien (j'ai remarqué qu'il est parfois plus difficile pour la pudeur de se rhabiller devant quelqu'un que de se déshabiller. Surement dû au fait qu'en se rhabillant et nous empêtrant dans nos vêtements nous reconnaissons notre honte d'avoir été nu alors qu'en nous dévêtant nous pouvons crânement afficher notre nudité aux yeux de celui qui ose la regarder). Tu me rejoins et nous discutons ensemble, avec lui, de notre souhait pour la maternité. Etant donné que nous avons choisi une maternité qui n'est pas située sur le territoire de notre commune - l'hôpital franco-britannique de Levallois, il te conseille de mentir sur la date de tes dernières règles - de quelques jours - pour être assurée d'obtenir une place. Il te conseille également, puisque tu lui as confirmé que tu souhaitais qu'il continue à te suivre, de ne pas chercher un obstétricien pour les trois derniers mois de grossesse et de simplement prendre directement contact avec la sage-femme qui accouchera notre enfant.
Ce qui nous étonne le plus c'est le résultat de cette première visite gynécologique : une prescription médicale, une ordonnance pour les examens de sang et d'urine mais pas de déclaration de grossesse.
"Je suis enceinte."
- "Tu as ta déclaration de grossesse ?"
- "Non."
- "Ben, t'es pas enceinte alors !"
- "Le docteur m'a dit que si."
- "Ben non, si t'as pas de déclaration ; t'es pas enceinte !"
Moralité : la déclaration de grossesse c'est comme les antibiotiques, c'est pas automatique. Le premier mois en tout cas.
Finalement au-delà de la satisfaction d'avoir choisi notre médecin-référent, de nous être arrêtés sur le choix de la maternité, d'avoir l'ordonnance pour les premiers médicaments et les premiers examens ; nous sortons de chez le docteur H..... un peu déboussolés. Bien qu'il ait confirmé tous les symptômes, c'est seulement la prise de sang qui pourra attester notre parentalité en devenir. Un contre-temps dans le déroulement des différentes étapes tel que nous l'avions prévu.
Mais nous reprenons bien vite nos esprits. Ce que nous retenons, c'est que ça y est !, le grand jeu a commencé. Il va falloir compléter ton régime alimentaire, prendre rendez-vous pour l'inscription à l'hôpital, programmer ta première prise de sang, notre première échographie, revenir devant le docteur H..... et, oui !, déclarer officiellement notre grossesse (elle est jusqu'ici secrète non seulement pour la sécurité sociale mais pour le monde entier).
Tout a décidément un goût de première fois ces derniers jours, même pour moi qui ai déjà deux enfants - chair de ma chair même s'ils sont également enfants de l'amour que tu leur donnes. Nous dormons mal, agités par les démarches qui nous attendent demain et le jour suivant. Je suis personnellement exténué par cette excitation qui persiste. Exténué mais heureux. Heureux de ne pas être au bout de mes jours de fatigue et de nuits sans sommeil. Heureux de te voir t'endormir de plus en plus tôt le soir, ton corps nu blotti contre le mien, le fruit de notre amour blotti au tréfonds de ton corps. Dors puisque le sommeil est d'or, rassure-toi mon insomnie l'est aussi.
Masimiyen Atshé